Et plus près de chez nous ? Quelques pèlerinages régionaux

 

Notre-Dame de Montaigu (Brabant flamand) serait l’un des plus anciens lieux de pèlerinage sur le territoire de l’actuelle Belgique. C’est une petite statue de la Vierge, placée dans un chêne, qui fut au cœur de l’attention des pèlerins dès le Moyen Âge. Au 17e siècle, pas moins de 700 miracles sont rapportés ! L’édifice actuel est consacré en 1627 et reconnu comme basilique mineure en 1922. Le chêne sacré, quant à lui, a disparu, fragilisé par les morceaux de branches ou de racines que lui arrachaient les pèlerins, puis abattu sur l’ordre d’un archevêque pour sculpter dans son bois des images de la Vierge.

Pèlerins en chemin vers Notre-Dame de Montaigu (Anonyme, Processie naar Mariabeeld te Scherpenheuvel, 1637 ( ?). Graveur : Jan Caspar Philips, 1737. Rijksmuseum, RP-P-OB-81.405. Photo © Artokoloro Quint Lox Limited / Alamy Banque D’Images)

En région dinantaise, un important culte marial se développe vers la même époque, autour d’une découverte semblable. En 1609 en effet, une statue en terre cuite de la Vierge est mise au jour par deux bûcherons au coeur d’un chêne, en un lieu qui deviendra « Foy-Notre-Dame ». Les pèlerins s’y précipitent, ayant eu vent de divers miracles dont la guérison d’une hernie d’un vieillard. D’abord précieusement gardée au château voisin de Vêves, la statuette rejoint l’église érigée pour elle en 1623, et consacrée l’année suivante.

L’église de Foy-Notre-Dame, construite en 1623 (Photo © Bildarchiv Monheim GmbH / Alamy Banque D’Images)

Montaigu et Foy-Notre-Dame ont chacune connu une grande renommée, bien au-delà de nos frontières. La ville d’Auriesville, aux États-Unis, ou encore celle de Sainte-Foy, au Québec, sont intimement liées à l’histoire des Vierges miraculeuses de nos régions. D’autres cultes sont strictement locaux ou régionaux. C’est le cas à Onhaye, où plusieurs pèlerinages sont attestés dès le 17e siècle, de croyants en provenance de Marche-en-Famenne, Malonne, Philippeville ou encore Moustier-sur-Sambre. C’est à Onhaye que sont gardés les restes de saint Walhère, prêtre originaire de Bouvignes et assassiné à la fin du 12e siècle. En raison du coup de rame reçu sur le crâne et qui lui aurait coûté la vie, Walhère est notamment imploré pour prévenir ou guérir les maux de tête.

Drapelet porté par les pèlerins d’Onhaye, édition 1951 (Coll. G. Remacle, photo © MPMM)

Signes et souvenirs