Antiquité : les origines de la cervoise

 

La bière, ou cervoise (cervesia), devrait à Cérès, la déesse des moissons et des céréales, non seulement son nom, mais aussi son apparition sur terre. Selon la mythologie romaine, Cérès, après avoir découvert ce liquide et ses bienfaits, aurait décidé d’en faire bénéficier les peuples dont les terres ne se prêtaient pas à la culture de la vigne.

Chez les Gaulois, la bière est souvent associée à Sucellus, dieu gaulois au tonneau et au marteau, mais aussi à Nantosuelta, déesse de l’immortalité, sa parèdre, son épouse ou son pendant féminin. 

Bas-relief figurant Cérès, 50 avant notre ère – 50 après notre ère. Palazzo Massimo alle Terme, inv. 62666 (photo sur concession du Ministère du Patrimoine, des Activités culturelles et du Tourisme – Musée National Romain)

La bière est considérée aujourd’hui comme la boisson traditionnelle des Gaulois et pourtant nous disposons de très peu d’informations à son propos. Le brassage est souvent une activité domestique. La bière est fabriquée par et pour le foyer. Lorsque la demande est plus importante, par exemple près d’un camp romain, la cervoise est produite dans une brasserie. 

Diodore de Sicile et Pline l’Ancien décrivent différents types de cervoise dont le corma ou curmi, préparé à base d’orge (bu par les pauvres) et le purinos, composé de froment additionné de miel (consommé par les classes aisées). 

Plan de la brasserie de Regensburg en Bavière. Il est difficile de trouver des bâtiments gallo-romains identifiables comme des brasseries. Le bâtiment en pierre de Regensburg accueille quatre aménagements caractéristiques de la production de cervoise : un puits, un bassin, un séchoir et un foyer (LAUBENHEIMER 2003, p. 55 © Revue archéologique de Picardie)

Outre l’orge, d’autres céréales sont probablement utilisées comme le blé amidonnier, l’épeautre, le sarrasin et le froment. Pour aromatiser la cervoise, le houblon n’étant pas encore utilisé systématiquement, les Gallo-Romains ajoutent de la sauge, du fenouil, du miel, du genièvre, du tilleul, de l’armoise, du cumin, de l’écorce de saule…

Cervoise versus vin