Reliquaires et miracles, supports de dévotion

 

Pour être vénérés et montrés aux pèlerins, les « restes » d’une sainte personne ont besoin d’être complétés par un écrin : le reliquaire. À l’origine, il s’agit le plus souvent d’une châsse, c’est-à-dire d’une sorte de coffret ou de sarcophage, contenant l’intégralité du corps saint ou une grande partie de celui-ci. Avec le temps et avec la dispersion des reliques à travers l’Occident, la créativité des artistes laisse la place à des reliquaires aux dimensions et aux formes variées. Certains sont dits « anthropomorphiques » ou « parlants ». Ils prennent la forme de l’ossement conservé : chef-reliquaire, pied-reliquaire ou encore bras-reliquaire. De cette façon, ils aident les croyants à visualiser la relique, à la rendre concrète… Car « voir, c’est croire ». C’est également à ce besoin que répond le fait de montrer les reliques à travers du verre.

Miracle de saint Hadelin : la guérison d’une muette (Détail de la châsse de saint Hadelin, 12e s., église Saint-Martin de Visé, photo © KIK-IRPA, Bruxelles)

Par ailleurs, pour assurer la renommée de reliques, il faut que se diffuse le récit des miracles produits par ces saints restes. Le prodige de la femme muette à qui saint Hadelin aurait rendu la parole a, par exemple, rendu ce saint très populaire en région dinantaise. Si les miracles sont nombreux, ils peuvent être rassemblés dans un « Livre des miracles » (Liber miraculorum), dont la diffusion et la connaissance attire d’autant plus les pèlerins. Le Liber miraculorum Sancte Fidis (1015-1030) par exemple, rassemble les 97 miracles attribués à sainte Foy à Conques, tandis que 22 sont connus pour saint Jacques à Compostelle.

Miracle de saint Jacques du « pendu dépendu » : un jeune pèlerin accusé par erreur d’un crime et pendu, fut finalement retrouvé vivant (Légendier, vers 1327. BnF, manuscrit français 183, f° 39r, photo © BnF)
Miracle de saint Jacques : un pèlerin sauvé de la noyade. Ce prodige rappelle le danger que représente notamment le pèlerinage vers Jérusalem, nécessitant une traversée en mer qui peut s’avérer fatale (Légendier, vers 1327. BnF, manuscrit français 183, f° 41v, photo © BnF)

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