Le pèlerinage à l’époque moderne

 

Le pèlerinage à longue distance semble souvent une expérience religieuse caractéristique de l’époque médiévale. La prise de Constantinople par les Ottomans (1453) rend plus difficile la fréquentation des Lieux saints à Jérusalem par les Occidentaux. Elle participe, entre autres éléments, au succès grandissant des pèlerinages davantage locaux.

Applique d’un relais de pèlerinage, bronze, Saint-Jean Pied de Port, 17e s. (Coll. privée, photo © M. Burton)

Par ailleurs, la pratique du pèlerinage est sévèrement remise en cause par les auteurs spirituels de la fin du 15e siècle et par des humanistes comme Érasme. Au siècle suivant, elle est condamnée par les Réformateurs protestants. Luther, Zwingli ou Calvin fustigent cette démarche populaire à leurs yeux, idolâtrique et superstitieuse, détournant les fidèles de la vraie piété qui doit être toute intérieure. Ces critiques radicales connaissent un grand succès dans de nombreuses provinces européennes ou certains milieux sociaux, convaincus par des prédicateurs ou des livres reprenant ces condamnations.

Saint Jacques le Majeur, gravure de Jean Messager (1580-1649), (Coll. abbaye de Leffe, photo © M. Burton)

Pourtant, au même moment, Ignace de Loyola effectue un pèlerinage à Jérusalem, expérience spirituelle fondatrice avant d’instaurer l’ordre des jésuites. Surtout, on assiste à un renouveau du pèlerinage à Rome et à la croissance des pèlerinages mariaux au cours de la Réforme catholique. Les nombreux registres conservés dans les hospices attestent généralement une hausse de la fréquentation des pèlerins. Parfois, ils consignent plusieurs centaines de milliers de pérégrins par an pour les sites les plus renommés (Rome, Compostelle, Lorette), le pic correspondant à la moitié du 17e siècle. De nombreuses controverses opposent alors protestants et catholiques, souvent des jésuites qui entendent défendre et promouvoir la démarche pèlerine.

Pauvres et pèlerins...

SAINTS PAS ? EN MARCHE, PELERINS !