En marche, pèlerins !

 

S’il est dans l’Histoire un personnage incarnant le voyage, la volonté de faire face aux difficultés inhérentes au déplacement et la diversité des distances parcourues, c’est bien le pèlerin. C’est particulièrement vrai aux périodes médiévale et moderne (des 4e-5e siècles au 18e siècle), durant lesquelles de nombreux édifices religieux, réputés pour leurs saintes reliques, attirent les foules chrétiennes.

Des pèlerins sur le chemin de Canterbury. Vitrail de l’abbaye de Canterbury, 12e-13e s.  (Photo © Neil McAllister / Alamy Banque D’Images)

Mais qui es-tu pèlerin ? Pourquoi marches-tu ? Où vas-tu ?

Le « pèlerin », dans son sens premier (peregrinus), désigne un étranger, quelqu’un de passage. Au Moyen Âge, le terme identifie progressivement celui ou celle se rendant en un lieu saint. Peu importe son origine sociale, peu importe le chemin qu’il s’apprête à prendre et le temps que durera son voyage. Chaque pèlerin se munit généralement d’un bâton de marche (le bourdon) et d’une besace. Ces attributs sont bénis avant le départ, par un prêtre ou un évêque. Ils assurent au pèlerin d’être reconnu en tant que tel, et protégé par l’Église.

Route de campagne vers Saint-Jacques de Compostelle, entre Ciruena et Santo Domingo de la Calzada, en Espagne (Photo © Stanislava Karagyozova / Alamy Banque D’Images)

Le périple est entrepris à pied pour les plus humbles et à dos d’âne ou de cheval pour les autres. Il est motivé par le souhait de vénérer, de voir et parfois même de toucher les « restes » sacrés du Christ, de la Vierge, d’un martyr ou d’un saint. Le pèlerin se met le plus souvent en marche volontairement, porté par sa quête de spiritualité et par sa foi dans le « pouvoir » de ces reliques. Parfois, il est mû aussi par son envie de découvrir les grands lieux de pèlerinage, les cathédrales et tombeaux saints dont il a tant entendu parler, en Europe comme au Moyen Orient.

En avant, aux côtés de ces « marcheurs de Dieu »…

En quête de reliques