Construire des églises, ouvrir leurs portes aux pèlerins…

 

En 335, la basilique du Saint-Sépulcre est dédicacée. Elle inaugure une « success-story » : celle de la construction, partout dans la chrétienté, d’édifices religieux pour protéger les reliques dont le culte va rapidement se diffuser. Chaque église tente d’obtenir des reliques et peut être spécialement aménagée à cet effet, par exemple avec la construction d’une crypte facilitant la déambulation des visiteurs. Certaines abbayes possèdent même plusieurs centaines de reliques ! Par leur présence et leur prestige, celles-ci attirent les foules, espérant apercevoir, parfois même toucher, les précieux témoins saints. Les aumônes ou offrandes recueillies pour l’occasion participent au développement du lieu. 

En Europe occidentale, l’un des plus anciens et importants chantiers a lieu à Tours, à la fin du 5e siècle. Un prélat y fait construire une basilique au-dessus du tombeau de saint Martin, célèbre évêque de Tours au siècle précédent. Surnommé « le pèlerinage de la Gaule », Tours est même visitée par Clovis, considéré comme le premier roi chrétien des Francs, en 492.

Baptême de Clovis (5e s.) par Rémi de Reims tenant dans sa main la Sainte Ampoule, une fiole contenant de l’huile sacrée (Jacob van Maerlant, Spiegel Historiael, 13e s. Koninklijke Bibliotheek, La Haye, photo © Koninklijke Bibliotheek)

En Angleterre, Canterbury est le centre névralgique d’un important pèlerinage dédié à Thomas Becket, archevêque de cette cité assassiné en 1170 et canonisé en 1173. Le succès de ce pèlerinage permet, à la fin du 12e siècle et au 13e siècle, la création de vitraux illustrant notamment la vie du saint et la venue de nombreux pèlerins en ce lieu. Ce sont les plus anciens vitraux préservés au Royaume-Uni.

Jusqu’à la fin du Moyen Âge, le sol de certains édifices religieux est conçu de façon à former un dessin semblable à un labyrinthe. Les fidèles sont invités à suivre ce tracé, parfois à genoux et/ou en récitant certaines prières, comme pèlerinage symbolique. C’est le cas, par exemple, dans les cathédrales d’Amiens, de Chartres ou encore de Reims, avec des labyrinthes au cheminement, à la complexité et à la symbolique variés.

Labyrinthe de la cathédrale de Chartres en France, réalisé entre 1200 et 1220 (Photo © Hemis / Alamy Banque D’Images)

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