Destinations privilégiées des chrétiens

 

Pour un chrétien d’Europe occidentale, au Moyen Âge, les trois principales destinations de pèlerinage sont Jérusalem, Rome et Saint-Jacques de Compostelle.

Aller à Jérusalem, c’est se rendre vers le lieu le plus saint qui soit : le « Saint-Sépulcre », tombeau du Christ. Les pèlerins, dénommés « paumiers », affluent, parfois dans la foulée des croisés, par voie de terre ou voie d’eau, en se dirigeant vers Chypre et les ports de l’Orient latin comme Tyr, Acre et Jaffa. Au début du 12e siècle, l’Ordre des Chevaliers du Temple (futurs Templiers) est créé pour protéger ces foules gagnant la Terre Sainte, tandis que les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem accueillent les pèlerins dès le milieu du siècle précédent.

Pèlerins se baignant dans le Jourdain. Il est de coutume, pour le pèlerin, de se « laver de ses péchés », à Jérusalem comme ailleurs, avant de se présenter devant le tombeau du Christ ou d’un saint (Guillaume de Boldensele, Liber de quibusdam ultramarinis partibus, vers 1400-1420. BnF, manuscrit français 2810, f° 129v. Photo © BnF)

Aller à Rome, c’est gagner les tombeaux de deux des principaux apôtres de Jésus, Pierre – le « premier apôtre » – et Paul. Les « romieux », pèlerins de Rome, affluent vers la « Ville éternelle » dès le haut Moyen Âge. Plusieurs itinéraires se mettent en place, depuis le Nord-Ouest de l’Europe notamment. La Via Francigena est l’une des principales voies empruntées. Pour faire face au succès de Saint-Jacques de Compostelle, le pape Boniface VIII institue à Rome, en 1300, le premier jubilé du monde chrétien. À cette occasion, le pontife accorde une indulgence plénière, c’est-à-dire la rémission totale des péchés, à tous les pèlerins faisant le déplacement.

Reconstitution de la basilique Saint-Pierre de Rome, telle qu’elle était au Moyen Âge, jusqu’à sa reconstruction au 16e s. (Gravure de Henry William Brewer, 19e s. Photo © INTERFOTO / Alamy Banque D’Images)

Aller à Compostelle, c’est rejoindre le tombeau de l’apôtre Jacques, décapité en 44 sur ordre du roi Hérode Agrippa. C’est le premier des apôtres à avoir subi le martyre. La découverte de ses « restes » supposés occasionne un pèlerinage qui connaît un vif succès du 11e au 15e siècle. Quatre grandes voies mènent les pèlerins, surnommés « jacquets » ou « jacquaires », de nos régions à Compostelle, en traversant les Pyrénées et en se réunissant dans la région de Pampelune.

Le transport du corps de saint Jacques depuis Jérusalem jusqu’en Galice (Maître de Raigern, détail d’un retable, vers 1425. Photo © The History Collection / Alamy Banque D’Images)

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