Bienvenue, pèlerins !

 

Si la route peut être source d’inquiétude, au vu des différents obstacles ou dangers à surmonter, la halte aussi peut s’avérer inconfortable, ou à l’inverse permettre un repos bien mérité. Hôteliers et aubergistes jouissent d’une popularité moyenne auprès des pèlerins. Certains ont la réputation de détrousser leurs visiteurs, de mal les recevoir ou encore de leur vendre poissons et viandes avariés. Néanmoins, les villes et leurs abords, sur les grandes voies de pèlerinage, sont peuplés d’auberges où les voyageurs suffisamment fortunés séjournent le plus souvent à partir de la fin du Moyen Âge.

Un pèlerin reçoit l’hospitalité dans un monastère (Cantigas de Santa Maria, 13e s. Bibliothèque de l’Escurial, Espagne, MS T.I.1. Photo © Photo 12 / Alamy Banque D’Images)

La charité et l’hospitalité chrétiennes garantissent normalement au pèlerin de trouver le vivre et le couvert chez des paroissiens, dans un monastère ou une abbaye (salle des hôtes). En outre, de véritables structures d’accueil, les hospices (parfois nommés « hôtels-Dieu »), existent dès le haut Moyen Âge et se multiplient aux 10e-11e siècles. Refuges des fidèles en marche, qui s’y reposent et y reçoivent un repas, ou une aide financière, ils se situent à proximité des entrées des villes, plus rarement en milieu rural. Parfois, ils sont reconnaissables à leurs enseignes, telles une coquille ou une représentation de saint Jacques. Ils sont généralement gérés par des religieux, d’une communauté proche ou d’un ordre dédié à ce service, comme les Hospitaliers.

Un pèlerin reçoit l’hospitalité dans un monastère (Cantigas de Santa Maria, 13e s. Bibliothèque de l’Escurial, Espagne, MS T.I.1. Photo © Photo 12 / Alamy Banque D’Images)

À partir des 14e et 15e siècles, les hôpitaux se consacrent de plus en plus aux seuls nécessiteux et malades. En conséquence, certaines institutions hospitalières sont fondées à titre privé, par des bourgeois aisés ou grâce aux donations pieuses, notamment de pèlerins rentrés sains et saufs. À Dinant, Jeanne de Von établit, dans la première moitié du 15e siècle, l’hôpital du Petit Saint-Jacques, probablement lié à une confrérie de Saint-Jacques de Compostelle, citée en 1623. Au 17e siècle également, quelques mentions rapportent l’accueil de pèlerins en provenance de Saint-Jacques à Bouvignes, au sein de l’hôpital Saint-Nicolas. C’est le cas de Jean Honoré, un bourgeois de Namur retournant du voiage St Jacques en Gallice, et de frère Jaspart Deloges, un chanoine de Saint-Augustin.

Pèlerinage judiciaire